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Stade phénologique vigne : le protocole terrain pour noter chaque parcelle

Déterminez le stade réellement représentatif d'une parcelle, notez-le sans biais et gardez une observation comparable d'une tournée à l'autre.

Équipe VitiObs

Un stade phénologique vigne n’est utile que s’il décrit correctement la parcelle observée.

Avant de commencer, fixez votre règle d’observation. Gardez ensuite le même parcours, le même effectif et le même organe à chaque tournée.

Notez d’abord un stade représentatif, pas le cep le plus avancé

Ne cherchez pas le stade le plus précoce. Cherchez le stade qui représente la majorité des organes observés.

La grille BBCH permet de coder les stades de la vigne de façon standardisée. Elle distingue les grandes phases du développement, du débourrement à la sénescence. L’échelle spécifique à la vigne est décrite dans les travaux de Lorenz et al. et référencée par l’INRAE.

Consulter l’échelle BBCH de la vigne sur les données INRAE


Préparez votre tournée avant d'entrer dans la parcelle

La qualité de la notation se joue avant la première observation. Préparez un protocole simple et reproductible.

Emportez seulement ce qui sert à noter

Le matériel peut rester léger. L’objectif est de ne pas interrompre la tournée pour retrouver une information ou un outil.

  • Smartphone ou support de notation
  • Référentiel du stade phénologique utilisé
  • Plan ou liste des parcelles à visiter
  • Crayon ou solution de secours si la saisie numérique n’est pas possible

Définissez l’effectif avant le premier cep

Il n’existe pas un nombre unique de ceps imposé par l’échelle BBCH. L’effectif dépend du protocole, de la taille de la parcelle et de l’objectif de l’observation.

Pour un suivi interne, un bon principe consiste à choisir un effectif fixe — par exemple 30 ceps — puis à le conserver à chaque passage. Ce chiffre n’est pas une norme BBCH. C’est une règle de comparaison.

Fixez un parcours qui ne change pas

Une diagonale, un W ou un parcours prédéfini peuvent convenir. Le choix importe moins que sa répétition.

Évitez les zones qui biaisent systématiquement l’échantillon : bordure seule, passage de roues, extrémité de rang, zone manquante ou secteur visiblement atypique.


Fixez l'organe avant de chercher son stade

Le premier geste consiste à décider quoi observer. Sans ce choix, deux personnes peuvent attribuer un stade différent à la même parcelle.

Observez toujours le même type d’organe

Le critère doit rester stable sur toute la série.

Au débourrement, vous pouvez suivre les bourgeons. Pendant la croissance, vous pouvez suivre les feuilles. À la floraison, vous basculez sur les inflorescences. Après nouaison, l’observation porte sur les grappes et les baies.

Le point important est simple : ne changez pas de règle en cours de campagne sans le signaler.

Évitez de sélectionner les organes les plus visibles

Un gros cep situé en bordure peut présenter un développement différent du cœur de parcelle. Une pousse très exposée peut aussi être plus avancée.

Observez l’organe prévu par le protocole sur chaque cep retenu. Ne remplacez pas une observation difficile par une observation plus pratique.

Notez la position lorsque le protocole l’exige

La position peut devenir utile lorsque vous cherchez à rendre l’observation très reproductible.

Selon le protocole, précisez par exemple :

  • bourgeon primaire ou autre position définie ;
  • feuille ou rameau sélectionné selon un rang fixé ;
  • inflorescence ou grappe selon une position constante.
Observation rapprochée d'un bourgeon de vigne utilisé pour déterminer le stade phénologique
Le premier repère à fixer est l'organe observé.

Utilisez les repères BBCH comme une grille de terrain

La BBCH ne sert pas à réciter des numéros. Elle sert à reconnaître un état observable et à lui associer un code commun.

Code BBCHPhaseRepère terrain
00–09DébourrementDu bourgeon dormant au débourrement
11–19FeuillesDéploiement progressif des feuilles
53–57InflorescencesInflorescences visibles puis boutons séparés
60–68FloraisonDes premières fleurs à la fin de floraison
71–77Nouaison et baiesDe la nouaison à la fermeture de la grappe
81–89MaturationDu début de véraison à la maturité

Les Bulletins de Santé du Végétal utilisent eux aussi les codes BBCH pour situer les parcelles dans le temps. Ils distinguent notamment les différentes étapes de la floraison et de la croissance des baies. Voir un exemple de suivi BSV Viticulture.

Les stades clés à savoir reconnaître sans hésiter

BBCH 09 — débourrement. Le bourgeon entre en végétation.

BBCH 11 à 19 — développement foliaire. Les feuilles s’étalent progressivement.

BBCH 53 à 57 — inflorescences visibles. Les futures grappes deviennent identifiables et les boutons floraux se séparent progressivement.

BBCH 60 à 68 — floraison. Les premières fleurs apparaissent puis la floraison progresse jusqu’à sa fin.

BBCH 71 à 77 — nouaison et croissance des baies. Les baies se forment, grossissent puis la grappe évolue vers sa fermeture.

BBCH 81 à 89 — maturation. La véraison marque l’entrée dans la phase de maturation et les baies évoluent jusqu’à la maturité.

La classification complète est plus détaillée que ces repères. Le référentiel spécifique à la vigne repose sur des stades principaux subdivisés en stades secondaires. Référentiel BBCH de la vigne sur INRAE.

Reconnaître les stades phénologiques de la vigne

Vidéo à intégrer : débourrement, feuilles, inflorescences, floraison, nouaison, fermeture et véraison.


Comptez d'abord, attribuez ensuite le stade dominant

Pour éviter le biais de sélection, ne donnez pas le stade à la parcelle après avoir vu quelques ceps. Relevez d’abord les observations, puis déterminez la valeur représentative.

Enregistrez une observation par unité prévue

Supposons 30 ceps. Chaque cep reçoit une notation selon la même règle.

Vous obtenez alors une série simple : 09, 09, 11, 11, 11, 11, 12, etc.

L’intérêt ne vient pas seulement du stade final. La série permet aussi de voir si la parcelle est homogène ou dispersée.

Signalez l’hétérogénéité au lieu de la masquer

Une parcelle peut être au stade moyen 61 tout en présentant des ceps encore à 60 et d’autres déjà à 62.

Dans ce cas, ne forcez pas une fausse uniformité. Gardez le stade dominant et conservez la distribution lorsque votre objectif demande un suivi plus fin.

Ne mélangez pas les échelles pendant la saisie

Un protocole peut utiliser la BBCH. Un autre peut utiliser une autre échelle de terrain. Les correspondances existent, mais la saisie doit garder une seule convention pour rester lisible.

L’échelle BBCH de la vigne a justement été développée pour standardiser les observations entre travaux et situations viticoles. Voir la publication de référence de Lorenz et al.


Transformez chaque observation en donnée comparable

La vraie valeur apparaît après la tournée. Une note isolée décrit une situation. Une série structurée permet de comparer des dates, des parcelles et des millésimes.

Pour chaque observation, conservez au minimum la date, la parcelle, le stade et le protocole utilisé — soit 4 champs minimum.

Ajoutez ensuite les informations utiles à votre usage : cépage, modalité, observateur, effectif, commentaire d’hétérogénéité ou photo.

Géolocalisez les observations lorsque les parcelles diffèrent

Deux parcelles voisines peuvent évoluer à des rythmes différents. Une localisation précise permet de retrouver immédiatement où la notation a été faite.

C’est particulièrement utile pour suivre une avance ou un retard sur plusieurs secteurs et pour comparer les passages d’une même campagne.

Voir comment VitiObs structure le suivi phénologique

Utilisez le stade observé pour décider de la suite

Le stade n’est pas la décision. C’est le repère qui permet de remettre la décision au bon moment et dans le bon contexte.

Comparez les parcelles avant de comparer les millésimes

Une différence de stade entre parcelles peut venir du cépage, du secteur ou des conditions locales.

Commencez par comparer les parcelles selon un protocole identique. Comparez ensuite les millésimes avec le même niveau de rigueur.

Reliez la phénologie aux autres observations de terrain

Un stade phénologique prend plus de valeur lorsqu’il est associé à d’autres observations faites au même endroit : état sanitaire, vigueur, dégâts, floraison, rendement ou autres variables de suivi.

Le registre devient alors un historique exploitable plutôt qu’une suite de notes isolées.

Conservez une photo lorsque la frontière entre deux stades est difficile

La photo ne remplace pas le code. Elle sert de preuve visuelle et de référence pour les observations suivantes.

Pour les stades proches, photographiez le même type d’organe et conservez une prise de vue suffisamment lisible pour permettre une vérification ultérieure.


Parcelle de vigne observée pour comparer les stades phénologiques entre zones
La comparaison devient exploitable lorsque le protocole reste identique d'une parcelle à l'autre.

Utilisez une fiche de terrain qui tient en une seule vue

La notation doit être assez simple pour être réalisée au milieu des rangs sans ralentir l’observation.

La checklist terrain tient en sept lignes

  • Parcelle identifiée
  • Parcours défini
  • Effectif fixé
  • Organe défini
  • Échelle définie
  • Stade attribué
  • Commentaire d’hétérogénéité ou photo si nécessaire

La séquence de notation à répéter à chaque passage

1. Identifier la parcelle. Vérifiez que vous observez la bonne zone.

2. Suivre le parcours prévu. Ne modifiez pas votre trajet pour éviter une zone difficile.

3. Compter l’effectif fixé. Gardez la même taille d’échantillon.

4. Observer le même organe. Ne remplacez pas l’organe défini par un organe plus facile à voir.

5. Attribuer le stade. Utilisez le référentiel prévu par le protocole.

6. Contrôler l’hétérogénéité. Signalez une dispersion importante plutôt que de la masquer.

7. Enregistrer immédiatement. Évitez de reconstituer la tournée de mémoire en fin de journée.


Le bon stade est celui que votre protocole peut retrouver

Un bon stade phénologique vigne n’est pas seulement un numéro BBCH. C’est un numéro obtenu avec une règle d’observation claire, répétée et traçable.

Pour une tournée fiable, retenez trois réflexes : même parcours, même organe, même échelle.

Le reste devient beaucoup plus simple.

Références

La référence scientifique principale est l’article de Lorenz et al. (1995) sur les stades phénologiques de la vigne selon l’échelle BBCH. Consulter la publication.

Le référentiel de données INRAE présente l’échelle individuelle BBCH de la vigne. Consulter le référentiel INRAE.